Création de la manufacture royale

 

 

 

 

Afin d'empêcher définitivement l'importation de dentelles étrangères, surtout du point et du passement italiens, Colbert décida Louis XIV à créer une industrie dentellière française.

 

Image Liebig représentant Colbert et Louis XIV (collection personnelle)

Image liebig c

Quand Colbert fonda la manufacture royale, en 1665, dans l’hôtel de Beaufort à Paris, en la chargeant de créer des fabriques dans les villes où il désirait développer cette industrie, il eut soin de préciser que c’était pour « y faire toutes sortes d’ouvrages de fil aussi bien à l’aiguille qu’aux fuseaux ».
Les villes furent nombreuses à tenter l'entreprise mais ne réussirent pas toutes; on ne parle plus des essais tentés à Reims, Auxerre, Loudun, La Flèche, Le Mans. Le Quesnoy et Arras échouèrent parce que les dentellières de ces régions revinrent à des dentelles sans doute plus simples et plus rapides d’exécution.

Le Havre fut la première fabrique de dentelles en Normandie : on en parle déjà en 1661 dans la révolte des passements ; en 1692, M. de Saint-Aignan, gouverneur du Havre, y donna une grande impulsion et on estimait alors à 20 000 le nombre de femmes de pêcheurs ou de paysannes du Pays de Caux, qui faisaient des passements aux fuseaux.

 

 

 

 

Portrait de Jean-Baptiste Colbert par Claude Lefebvre 
Musée national du Chateau de Versailles
Le col rabat est en gros point de Venise

Colbert

L'avènement des dentelles à réseaux

Pour éviter la confusion des dentelles produites en France avec les dentelles étrangères Colbert incita à la création de nouveaux styles. 
Une dentellière d'Alençon Madame de La Perrière avait réussi à reproduire depuis plusieurs années le point en l'air (punto in aere) sur velin. Colbert s'appuya sur cette technique pour créer une manufacture à Alençon.

En opposition aux fonds irréguliers des points et passements, fut inventé le réseau qui fait ressortir le décor de la dentelle; il constitue  son ADN, que ce soit  à l'aiguille ou aux fuseaux.

Point de france

 

Le décor des points de France subit l'influence des artistes de la cour de Louis XIV comme Charles Le Brun et Jean Bérain; les dessins sont élaborés dans les ateliers des Gobelins dirigés par Le Brun.

 

Point de France, dentelle à l'aiguille en lin - Fin XVIIème Siècle - fond réseau à mailles hexagonales ornées de picots sur tous les  côtés, ce qui constitue la marque représentative des points de France

 

 

 

Dentelle d'Alençon - aiguille / lin. XVIIIème Siècle - on voit bien le réseau sur lequel se détachent les motifs très variés mais le réseau est plus simple, constitué de mailles bouclées presque rondes :

Alencon 2

Dentelles à l'aiguille et aux fuseaux, à fonds réseaux du  XVIIIème Siècle, de Bruxelles, Alençon, Argentan, Binche:

Brux Alencon Argentan Binche xviii

La manufacture de Chantilly

L’histoire de la Chantilly remonte à 1694, quand Anne de Bavière, princesse de Condé, créa une école de dentellières pour les filles sans ressources de la région.
A Paris, la manufacture royale organisa des ateliers au Château de Madrid, dans le Bois de Boulogne, ils accueillaient plus de dix mille familles dont les enfants étaient formés. Chantilly y trouva l’impulsion qui l’amena au succès qu’on lui connaît.
Originellement, cette dentelle était une blonde réalisée en soie naturelle directement issue du cocon et « façon Malines », portée par la noblesse.

Le fond très transparent, nommé chant ou champ, est un réseau en losanges traversé par deux fils horizontaux, on le nomme aussi fond Paris :

Paris

Dentelles de Chantilly en soie :
Chantllly 2

Chantilly 2

Les manufactures du Nord de la France

Dentelles de Lille, la deuxième image présente une variante dite à bord droit :

Lille

Lille bord droit

Dentelles d'Arras :

Arras

 

Date de dernière mise à jour : 16/12/2022

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